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Le Xueshan

L’été est une saison idéale pour monter un peu en hateur pour s’abriter de la chaleur. Mais à cause de diverses obligations à l’université, je n’ai pas pu partir pour une longue randonnée avant mi-août. De plus, l’été est aussi une saison pluvieuse avec une météo instable. D’une part, la chaleur favorise le développement des précipitations en début d’après-midi, ce qui donne lieu à une pluie forte mais intermittente, durant généralement de deux à trois heures, et, d’autre part, le passage d’un typhon (anti-cyclone) peut apporter des centaines de millimètre de pluie en une seule journée et causer des glissements de terrain en zones montagneuses. Ce sont les raisons principales pour lesquelles il est absolument nécessaire de bien consulter la météo avant le départ et tout au long de la randonnée.

[nombre de jours / quantité de pluie en fonction de la saison]

Cette fois-ci, on a choisi comme destination le Xueshan (雪山, littéralement montagne de la neige). Le sommet culmine à 3885m, et c’est le deuxième plus haut sommet de l’île après le Yushan (玉山, mont jade). Comme son nom indique, le sommet est couvert de neige en hiver, car étant dans la partie nord de l’île, le vent humide venant du nord-est transforme les gouttes d’eau en flocons de neige. On retrouve aussi de nombreux cirques glaciaires autour du sommet.

[photo de l’île avec les deux sommets + photos des cirques glaciaires]

Le sommet fait partie de la territoire traditionnelle des Atayals, qui lui ont donné le nom de B’bu’ Hagay (montagne des pierres) et de Sekoan (graviers et failles). Quelques villages des Atayals font aussi partie des passages obligatoires avant l’ascension au sommet. A force de survivre dans l’engrenage capitaliste, les habitants vivent des cultivations de thé, de pommes, de pêches et de choux, des produits agricoles qui ont besoin d’un climat plus tempéré, donc pas adaptés à la chaleur de la plaine de Taïwan.

[photos des champs de choux]

Pour arriver au sommet du Xueshan, il existe plusieurs sentiers différents. Comme le plus court est aussi, sans surprise, le plus populaire, on a décidé d’emprunter un sentier légèrement plus long, qui est en fait le sentier historique des Japonais, avant de redescendre par le sentier classique. Sur ce sentier historique, les Japonais avaient même bâti un petit refuge pour les randonneurs. Aujourd’hui, le refuge n’y est plus et les randonneurs disposent d’un terrain plutôt plat pour leurs tentes.

  • Le tracé du sentier moderne, plus court et plus populaire.

  • Le tracé du sentier dit des Japonais.

    Itinéraire J0 Avant le départ du J1, on pensait camper dans l’école primaire du village Huanshan (環山 ou Sqoyau en atayal) se trouvant au départ du sentier. Après être descendus du bus, comme il faisait encore jour, on a décidé d’avancer un peu, de mettre la tente plutôt à 3,1km, au bord d’un ruisseau, juste avant l’ascension pour le Zhijiayang.

    • Litinéraire du jour 0.

    • Le ruisseau Sqeran (司界蘭溪).

    • On a planté la tente dans une forêt assez agréable.

      J1 Départ à 6h du matin. Après avoir profité une dernière fois de l’eau fraîche de la rivière, on a rempli les gourdes de nouveau, pour attaquer l’ascension principale de cette randonnée. Sur une longueur d’environ 5km, on monte 1600m. Ceci est aussi un sentier populaire pour une journée. Certains randonneurs partent au petit matin et redescendent avant le crépuscule. Il est très réputé chez ceux qui veulent s’entraîner en intensité et en dénivelé.

      Après le Zhijiayang, la largeur du sentier se réduit et on y trouve aussi moins de passages. On passe dans des bois et on profite du calme en s’éloignant des sentiers plus empruntés.

      A 15h, on a monté la tente à l’emplacement de l’ancien chalet des Japonais (雪山山莊舊址) qui n’existe plus, avant d’aller à une petite source pour remplir les gourdes. Ici, l’eau coule en parcimonie. Pour donner une idée, j’ai mis presque 5 minutes pour remplir une gourde de 800ml.

      Il est également possible de gravir le sommet sud du Xueshan. Mais à cause de la pluie intermittente de l’après-midi, j’ai préféré m’abriter dans la tente en attendant le passage de la pluie avant de me mettre à cuisiner.

      • Litinéraire du jour 1.

      • La vue après la monté, avant d'arriver au Zhijiayang.

      • Une jolie prairie avant juste avant le Zhijiayang.

      • Une prairie après le Zhijiayang avec le temps changeant.

      • Une forêt avant d'arriver à la destination d'aujourd'hui.

      • Une petite source d'eau.

      • Le paneau à l'ancien refuge des Japonais.

        J2 Départ à 6h du matin de nouveau avec un passage à la petite source avant de poursuivre le chemin. Aujourd’hui on monte sur le sommet du Xueshan et redescend par l’autre côté pour passer la nuit au bord du Cuichi (翠池), un petit étang connu pour sa tranquillité et ses genévriers (玉山圓柏, Juniperus morrisonicola Hayata). Il y a une cabane au Cuichi mais nous, on a réservé la place pour une tente.

        L’ascension est plus rude qu’on ne pensait. Hier, on a mis environ 0.7 fois le temps prévu par la carte de randonnée, mais aujourd’hui, on va mettre autant de temps que ce qui est prévu. La principale raison est que le sentier n’est pas très facile à identifier. Pour la plupart du temps, le sentier suit plus ou moins une rivière asséchée, mais quelques fois, c’est aussi plus facile de passer dans les bois pour éviter de grosses pentes. Bref, après quelques impasses, on a compris que c’était mieux de ne pas trop s’éloigner de la rivière pour ne pas perdre l’orientation.

        Depuis le sommet du Xueshan, il est assez facile de redescendre vers le Cuichi. Avant de redescendre vers l’étang, on passe par un col par lequel on repassera demain. La descente est chiante car on marche sur les cailloux glissants.

        Le Cuichi est une source d’eau précieuse pour les anciens chasseurs Atayal et pour les randonneurs d’aujourd’hui. Quelque saison que ce soit, il y a toujours de l’eau, et c’est également un endroit où des animaux sauvages viennent pour étancher leur soif.

        • Litinéraire du jour 2.

        • Le lever du soleil.

        • La source qui coule en parcimonie.

        • La vue pendant l'ascension vers le sommet du Xueshan.

        • L'edelweiss taïwanais, *Leontopodium microphyllum Hayata*.

        • La vue pendant l'ascension vers le sommet du Xueshan.

        • La vue pendant l'ascension vers le sommet du Xueshan.

        • Le sommet principal du Xueshan.

        • La crête partant du sommet principal du Xueshan.

        • Le sentier qui descend du col vers le Cuichi.

        • Le saro de Taïwan (長鬃山羊).

        • Le Cuichi et l'Arête du nord (北稜角).

        • Le ciel étoilé et la voie lactée.

          J3 Levé à 6h du matin de nouveau. Aujourd’hui, on est moins pressés. Sachant qu’on va seulement retourner vers le col, longer un peu la crête pour apprécier la vue, avant de redescendre à la cabane 369 (三六九山莊).

          On a pris le temps pour le petit-déjeuner et un groupe de quatre randonneurs nous a invités à nous rejoindre à leur discussion autour d’un thé, en guise de remerciment, on leur a aussi offert quelques biscuits. Pendant qu’on buvait le thé, j’ai appris qu’une dame, randonneuse depuis une dizaine d’années, n’avait pas de sac de couchage donc a passé une très sale nuit. « Je ne m’attendais pas à ce qu’il fasse froid en été ! » disait-elle, même si on était à 3300m d’altitude. Comme ce soir on passera la nuit dans une cabane et que demain on redescendra, je lui ai proposé mon sac de couchage afin qu’elle puisse continuer sa marche, car elle a encore 3 ou 4 nuitées en montagne devant elle.

          • Litinéraire du jour 3.

          • Genévrier, *Juniperus morrisonicola. Hayata*.

          • Le Cuichi.

          • La crêt vue de l'Arête du nord.

          • La crête avec brouillard qui arrive.

          • Une forêt de genévriers.

            J4 On a passé une très mauvaise nuit dans la cabane 369, comme ce qui était attendu. Les randonneurs, dont je ne suis même pas sûr s’ils méritent ce mot, n’ont pas été très disciplinés. A 1h du matin, certains étaient déjà réveillés, ils se préparaient, prenaient le petit-déjeuner, rangeaient les sacs pour leurs marches de la journée, rayonnaient les lampes frontales à haute puissance dans toutes les directions, et ce qui était le plus agréable, était les bruits des frottements entre sacs plastiques. Tout ce brouhaha a continué jusqu’à 6h du matin, car certains partaient plus tôt et d’autres plus tard.

            La descente est plutôt facile. C’est un sentier que j’ai déjà parcouru quelques fois, sauf que cette fois-ci, un temps ensoleillé nous accueillit et qu’on voit bien le chemin par lequel on est venus les jours précédents.

            • Litinéraire du jour 4.

            • Le lever du soleil.

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